Mexique : les avocats ravagent les forêts

Avocats     Photo : ICI Radio-Canada

Avocats Photo : ICI Radio-Canada

Dans certaines régions du Mexique, on le surnomme « l’or vert », la hausse de consommation d’avocats en Amérique et en Europe occasionne une flambée des prix. Ce qui peut paraître comme une bonne nouvelle pour les agriculteurs mexicains cache une réalité plus sombre. La culture intensive a un coût environnemental : des forêts de pins sont détruites au profit des champs d’avocats et cette destruction menace notamment un papillon qui migre jusqu’au Canada, le monarque. L’appât du gain attire aussi le crime organisé. Les explications de la journaliste Paloma Martinez. 

Topo-converse pour l’émission « Dessine-moi un dimanche » sur ICI Première 

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« Mourir d’amour » : Roméo et Juliette par les Grands Ballets Canadiens

Photo: Damián Siqueiros

Photo: Damián Siqueiros

C’est peut-être la plus belle histoire d’amour qu’il soit : Roméo Montaigu et Juliette Capulet. C’est l’histoire mythique de ces jeunes personnes qui s’aiment à mourir, littéralement. Raconter cette histoire, aussi intemporelle que platonique, avec le langage du mouvement, c’est le beau défi qui se sont donnés Les Grands Ballets Canadiens de Montréal en cette saison 2016-2017. 

Le danseur Raphaël Bouchard interprète Roméo dans cette grande production. Pour lui qui connait bien le personnage ainsi que le chorégraphe Jean-Christophe Maillot, être Roméo est un rêve personnel accompli, mais c’est également une opportunité d’aller toujours plus loin dans son art.

Avec la musique de Serge Prokofief comme toile de fond, écoutez l’entrevue avec ce jeune danseur qui raconte entre autres, pourquoi la danse est un métier que l’on doit choisir d’exercer chaque jour de sa vie. 

Écoutez

Entrevue faite pour Radio Canada International

Zapatistes, 20 ans plus tard…

Crédit photo: EZLN

Crédit photo: EZLN

En 2014, l’Armée zapatiste de libération nationale n’a pas dit son dernier mot.

Vingt ans après le soulèvement du 1er janvier 1994 contre le capitalisme et particulièrement contre l’Accord de libre échange de l’Amérique du Nord, qui lui aussi célèbre son 20e anniversaire, les zapatistes sont loin de disparaître de la scène politique et médiatique du Mexique.

Ils sont tellement présents, qu’il existe aujourd’hui au Chiapas cinq régions autonomes zapatistes, des communautés auto-gouvernées appelées aussi Caracoles. Elles sont exclusivement gérées par les Juntas del Buen Gobierno, des instances indépendantes qui fonctionnent selon les valeurs de l’EZLN et gérent la justice, la santé et l’éducation de la population qui y vit.

L’EZLN continue d’être en 2014, une référence pour les organisations sociales au Mexique, mais aussi à l’étranger. Leur révolution a été la première à se servir de l’Internet pour attirer l’attention. Aujourd’hui cela peut paraître banal, mais à leur débuts, les zapatistes ont été des précurseurs d’une époque technologique en évolution.

Plus récemment, à l’hiver 2012-2013 l’EZLN a réussi à mobiliser de manière ordonnée et disciplinée, une base de 50 000 personnes. Ces partisans ont marché en silence et ils ont occupé les plazas centrales des 5 villes les plus importantes du Chiapas pendant quelques heures. Ils ont fait sentir leur présence, malgré leur silence absolu.

Crédit photo: Victor Camacho, La Jornada

Crédit photo: Victor Camacho, La Jornada

Toujours en 2013, l’EZLN a réussi à réunir deux mille autochtones originaires de toutes les régions du vaste territoire mexicain, ainsi que mille autres personnes intéressées, pour participer à La Escuelita Zapatista, la petite école zapatiste.  Durant cinq jours, les trois mille invités ont pu connaître toutes les initiatives d’auto-gouvernance développées par les zapatistes et en apprendre à leur sujet. Le fonctionnement de leurs écoles, hôpitaux et systèmes de justice propres à leurs traditions a été présenté au public pour la toute première fois.

Crédit photo: libcom.org

Crédit photo: libcom.org

En 2014, le mouvement zapatiste reste actuel puisqu’il base sa rébellion sur des besoins de changement évidents. En 2013, les chiffres officiels du gouvernement mexicain parlaient de 73% de pauvres dans l’état du Chiapas, berceau de l’EZLN.

Dans un communiqué récent, le très médiatisé sous-commandant Marcos a dit qu’à 20 ans de leur apparition sur la scène publique et malgré les réussites, les rêves et demandes des zapatistes restent les mêmes, que peu de choses ont changé pour les autochtones du Mexique. —

Ce que nous sommes – une réflexion depuis le Québec

Harmony_Day_(5475651018)le contexte

On le sait. Le gouvernement du Québec a dévoilé le 10 septembre dernier les détails sur son projet de loi de Charte des valeurs québécoises.  Si le projet devient loi, celle-ci interdirait, entre autres, l’utilisation de symboles religieux pour les employés des institutions gouvernementales et paragouvernementales.

Pas de juge avec une kippa sur la tête, pas de policier en turban, pas d’éducatrice voilée…

Pour certains, cette proposition est une attaque contre la liberté d’expression et contre la diversité. Pour d’autres, c’est tout simplement naturel que de vouloir ainsi s’affirmer.

la réflexion

Au milieu de tout ce débat, il est peut-être pertinent de se demander : «Qu’est-ce qu’être québécois?  Que faut-il faire pour être et se sentir du Québec ? Qu’est-ce qui détermine notre identité en tant que membres d’un collectif et en tant qu’individus? Est-ce le nombre d’années qu’on a vécu ici? Est-ce les impôts que nous payons ? Est-ce la musique ou la nourriture que nous consommons?

Les sociologues et psychologues parlent d’une variété de cercles auxquels nous appartenons. La famille, l’école, les groupes religieux, sociaux ou sportifs auxquels nous participons, la ville dans laquelle nous vivons, l’endroit d’où nous venons, la province, le pays, le monde…

Nous sommes toujours en train de passer de l’un de ces cercles à l’autre et en général, il n’y a pas de conflit, car tous ces cercles font partie de ce que nous sommes.

Nous sommes tout ça. Joueur de soccer, lectrice assidue, chanteur de chorale, gentil garçon ou gentille fille de maman, budiste ou sij, québécois, terriens…

Les êtres humains sont beaucoup de choses à la fois. Et les sociétés d’aujourd’hui seront forcées de s’interroger sur ce qui définit l’appartenance à une société donnée si l’on souhaite maintenir la paix sociale et l’harmonie civique.

Pour l’instant, les écoles du Québec sont pleines d’ enfants de tous les milieux et de toutes les couleurs.  Ils parlent tous français et beaucoup d’entre eux parlent d’autres langues aussi. Ils sont d’ici et se sentent d’ici parce que c’est ici leur maison, parce qu’ils se sentent accueillis sans même s’en rendre compte.

Le temps nous dira s’ils se sentent québécois ou tout simplement humains, mais pour le moment, l’évolution de la société québécoise est en marche et on ne peut l’arrêter. Au-delà de la controverse, c’est aussi un moment extraordinaire qu’il faut saisir car il nous permet d’imaginer ce que l’on veut pour l’avenir…