Ces enfants sans papiers…

Je viens d’une famille d’immigrants, comme la plupart des gens que je connais. Nous venons tous de quelque part. Nous sommes tous des immigrants nous-mêmes, ou enfants, petits-enfants, arrière petits-enfants d’immigrants, ou bien… tout simplement des voyageurs. Ça dépend.

La moitié des membres de ma famille vivent aux États-Unis. Je suis fière de ce qu’ils ont réussi à faire dans ce milieu qui leur a été parfois hostile et qui est devenu leur maison, parce qu’ils n’en connaissent pas d’autre. En fait, parfois je crois que ce n’est pas eux qui ont traversé la frontière, c’est plutôt la frontière qui les a traversés. Maintenant il faut des allers et retours pour aller voir la famille restée de l’autre côté, au Mexique.

Ils sont installés là depuis maintenant quatre générations. La première de ces générations n’avait pas de papiers. Ses enfants non plus. Cependant, ces jeunes ont pu aller à l’école parce que… un enfant a droit à l’éducation. (Convention relative aux droits de l’enfant)

Dans la métropole québécoise le 21 février dernier, une manifestation d’une trentaine de personnes a eu lieu pour demander à la Commission Scolaire de Montréal de laisser entrer dans ses écoles les enfants de personnes sans papiers. On ne sait pas combien d’enfants ne fréquentent pas les établissements scolaires, mais on évalue à 40 000 le nombre d’individus sans statut légal dans la ville, et ce chiffre n’inclut pas leurs enfants.

En tant que contribuables, nous voudrions tous que notre argent soit investi correctement et que cela nous apporte une certaine qualité de vie. La qualité de vie des autres peut-elle nous être profitable ? Même quand ces personnes ne viennent pas d’ici ? À qui profite un enfant resté seul des journées entières dans un appartement pendant que ses parents travaillent, tout simplement parce qu’il n’a pas le droit d’aller à l’école ?

Je suis géographe aussi. Je comprends bien le pouvoir des frontières, je sais ce qu’elles peuvent créer: des distances, des limites, des ruptures. Elles peuvent aussi servir à déterminer ce qui nous sépare pour mieux nous unir. Ça dépend.

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