0

Zapatistes, 20 ans plus tard…

Crédit photo: EZLN

Crédit photo: EZLN

En 2014, l’Armée zapatiste de libération nationale n’a pas dit son dernier mot.

Vingt ans après le soulèvement du 1er janvier 1994 contre le capitalisme et particulièrement contre l’Accord de libre échange de l’Amérique du Nord, qui lui aussi célèbre son 20e anniversaire, les zapatistes sont loin de disparaître de la scène politique et médiatique du Mexique.

Ils sont tellement présents, qu’il existe aujourd’hui au Chiapas cinq régions autonomes zapatistes, des communautés auto-gouvernées appelées aussi Caracoles. Elles sont exclusivement gérées par les Juntas del Buen Gobierno, des instances indépendantes qui fonctionnent selon les valeurs de l’EZLN et gérent la justice, la santé et l’éducation de la population qui y vit.

L’EZLN continue d’être en 2014, une référence pour les organisations sociales au Mexique, mais aussi à l’étranger. Leur révolution a été la première à se servir de l’Internet pour attirer l’attention. Aujourd’hui cela peut paraître banal, mais à leur débuts, les zapatistes ont été des précurseurs d’une époque technologique en évolution.

Plus récemment, à l’hiver 2012-2013 l’EZLN a réussi à mobiliser de manière ordonnée et disciplinée, une base de 50 000 personnes. Ces partisans ont marché en silence et ils ont occupé les plazas centrales des 5 villes les plus importantes du Chiapas pendant quelques heures. Ils ont fait sentir leur présence, malgré leur silence absolu.

Crédit photo: Victor Camacho, La Jornada

Crédit photo: Victor Camacho, La Jornada

Toujours en 2013, l’EZLN a réussi à réunir deux mille autochtones originaires de toutes les régions du vaste territoire mexicain, ainsi que mille autres personnes intéressées, pour participer à La Escuelita Zapatista, la petite école zapatiste.  Durant cinq jours, les trois mille invités ont pu connaître toutes les initiatives d’auto-gouvernance développées par les zapatistes et en apprendre à leur sujet. Le fonctionnement de leurs écoles, hôpitaux et systèmes de justice propres à leurs traditions a été présenté au public pour la toute première fois.

Crédit photo: libcom.org

Crédit photo: libcom.org

En 2014, le mouvement zapatiste reste actuel puisqu’il base sa rébellion sur des besoins de changement évidents. En 2013, les chiffres officiels du gouvernement mexicain parlaient de 73% de pauvres dans l’état du Chiapas, berceau de l’EZLN.

Dans un communiqué récent, le très médiatisé sous-commandant Marcos a dit qu’à 20 ans de leur apparition sur la scène publique et malgré les réussites, les rêves et demandes des zapatistes restent les mêmes, que peu de choses ont changé pour les autochtones du Mexique. –

1

Kaveh Nabatian : Entre plonger dans l’inconnu et porter son t-shirt préféré

Kaveh Nabatian, cinéaste et musicien, a réalisé plusieurs court-métrages de fiction et  des documentaires qui, avec des touches de magie, de science-fiction et d’humour, abordent des sujets tels que l’immigration, l’homosexualité et l’amour. 

Dans cette entrevue, il parle de ses plus récents projets : « Dive » une science fiction sur tous ceux qui ne nous ressemblent en rien; et de tous les secrets de «Le T-Shirt » un objet fétiche de notre temps.

Voici l’entrevue:

La bande-annonce de « Dive » 

Le site web de « Le T-Shirt » : http://letshirt.tv/the_film

 

0

La revue Helios et la survivie à Montréal

La revue Helios a une longue histoire d’amour avec Montréal, sa littérature et sa diversité linguistique et culturelle.

Cette année, les créateurs ont lancé la dixième édition du magazine qui a pour  titre « Survivre, survive, sobrevivir » dans le cadre du festival d’art latino-américain montréalais, LatinArte.

Regardez cette entrevue réalisée récemment avec Omar Alexis Ramos, rédacteur en chef de Helios. Il parle de l’histoire, les valeurs et les batailles de cette revue qui est une survivante à Montréal.

Parmi les poètes et écrivains mis de l’avant dans ce numéro ont retrouve Hugh Hazelton, Yolanda Duque Vidal, Alejandro Saravia, Victor Zamudio, Matt Lipscome, entre autres. La page couverture on la doit à Dulce Pinzón.

Bon visionnement !

0

Table ronde sur les résidences de création à Mexico

QSM-FestivalPoesie

Cet été 2013, dans le cadre du Festival de la Poésie de Montréal dont l’invité d’honneur été le Mexique,  j’ai eu la plaisir d’animer la Table ronde sur les résidences de création à Mexico. Les artistes visuels Patrick Dionne et Miki Gingras, ainsi que le poète José Acquelin ont participé à cette rencontre. Francine Royer du Conseil des Arts et des Lettres du Québec a aussi été présente pour parler des treize années de collaboration artistique méxico-québécoise. 

Cette table-ronde a été organisé par la Maison de la Poésie de Montréal ;  l’enregistrement et la diffusion par Radio Spirale.

0

Un latino-québécois aux Oscars en 2014

Sélection officielle du Festival de Cannes en 2012 dans la catégorie «Un Certain Regard», le film La Playa D.C représentera la Colombie aux Oscars en 2014.  À Montréal, sa sortie en salle sera en novembre prochain. En attendant, cet été ce long-métrage a gagné le prix au meilleur film au Vancouver Latin American Film Festival et fait partie de la sélection officielle du Festival International Film Black Montréal cet automne.  L’entrevue avec son réalisateur, le montréalais Juan Andrés Arango:

 

La bande-annonce officielle (sous-titrée en français):

1

Ce que nous sommes – une réflexion depuis le Québec

Harmony_Day_(5475651018)le contexte

On le sait. Le gouvernement du Québec a dévoilé le 10 septembre dernier les détails sur son projet de loi de Charte des valeurs québécoises.  Si le projet devient loi, celle-ci interdirait, entre autres, l’utilisation de symboles religieux pour les employés des institutions gouvernementales et paragouvernementales.

Pas de juge avec une kippa sur la tête, pas de policier en turban, pas d’éducatrice voilée…

Pour certains, cette proposition est une attaque contre la liberté d’expression et contre la diversité. Pour d’autres, c’est tout simplement naturel que de vouloir ainsi s’affirmer.

la réflexion

Au milieu de tout ce débat, il est peut-être pertinent de se demander : «Qu’est-ce qu’être québécois?  Que faut-il faire pour être et se sentir du Québec ? Qu’est-ce qui détermine notre identité en tant que membres d’un collectif et en tant qu’individus? Est-ce le nombre d’années qu’on a vécu ici? Est-ce les impôts que nous payons ? Est-ce la musique ou la nourriture que nous consommons?

Les sociologues et psychologues parlent d’une variété de cercles auxquels nous appartenons. La famille, l’école, les groupes religieux, sociaux ou sportifs auxquels nous participons, la ville dans laquelle nous vivons, l’endroit d’où nous venons, la province, le pays, le monde…

Nous sommes toujours en train de passer de l’un de ces cercles à l’autre et en général, il n’y a pas de conflit, car tous ces cercles font partie de ce que nous sommes.

Nous sommes tout ça. Joueur de soccer, lectrice assidue, chanteur de chorale, gentil garçon ou gentille fille de maman, budiste ou sij, québécois, terriens…

Les êtres humains sont beaucoup de choses à la fois. Et les sociétés d’aujourd’hui seront forcées de s’interroger sur ce qui définit l’appartenance à une société donnée si l’on souhaite maintenir la paix sociale et l’harmonie civique.

Pour l’instant, les écoles du Québec sont pleines d’ enfants de tous les milieux et de toutes les couleurs.  Ils parlent tous français et beaucoup d’entre eux parlent d’autres langues aussi. Ils sont d’ici et se sentent d’ici parce que c’est ici leur maison, parce qu’ils se sentent accueillis sans même s’en rendre compte.

Le temps nous dira s’ils se sentent québécois ou tout simplement humains, mais pour le moment, l’évolution de la société québécoise est en marche et on ne peut l’arrêter. Au-delà de la controverse, c’est aussi un moment extraordinaire qu’il faut saisir car il nous permet d’imaginer ce que l’on veut pour l’avenir…

2

Lo que somos – una reflexión desde Quebec

Harmony_Day_(5475651018)

El contexto

El gobierno de Québec dio a conocer este martes 10 de septiembre los detalles de la Carta de valores quebequenses (Charte des valeurs québécoises) que será presentada como proyecto de ley ante la Asamblea Nacional de Quebec este otoño. El documento, que de ser aceptado por los diputados provinciales sería ley prohibiría, entre otras cosas, la utilización de símbolos religiosos a los empleados de su gobierno durante el ejercicio de sus funciones.

Aquellas personas que trabajen en instituciones gubernamentales o para-gubernamentales no podrían bajo esta ley, portar por ejemplo un crucifijo católico, un hiyab o velo musulmán, una kipá judía o un turbante sij durante sus horas de trabajo.

Esto se aplicaría a todo personal trabajando en las instancias judiciales, policiales, administrativas y educativas e incluso, en guarderías subsidiadas por el gobierno de la provincia.

La controversia

Como era de esperarse dada la importante presencia de comunidades inmigrantes en Quebec y por ende de comunidades religiosas activas, el proyecto de ley ha sido comentado en todas las tribunas y criticado por amplios sectores de la sociedad que van desde soberanistas convencidos hasta las asociaciones de laicos y de religiosos pasando por las cámaras de comercio y los intelectuales.

Para muchos esta propuesta es un atentado contra la libertad de expresión y contra el respeto de las diferencias. Para otros es natural querer afirmar una cultura con medidas como estas.

La reflexión

En medio de todo este debate talvez sería pertinente preguntarse : ¿qué es ser quebequense?  ¿qué se necesita para SENTIRSE de Quebec? ¿qué determina nuestra identidad como parte de un colectivo y como individuos?

¿Son los años que hemos pasado en un lugar en específico? ¿Son los impuestos pagados al gobierno en turno? ¿Son las personas que nos rodean? ¿Es la música que escuchamos o el instrumento que tocamos? O talvez, ¿la comida en nuestras mesas?

Sociólogos y psicólogos hablan de los diferentes círculos a los que pertenecemos. Desde la familia y la escuela, hasta los grupos religiosos, deportivos o sociales de los que somos parte, pasando por la ciudad en la que vivimos, el lugar de donde venimos, la provincia, el país, el mundo… estamos siempre cambiando de un círculo al otro y en general, no hay conflicto entre uno y otro porque TODOS son parte de lo que SOMOS.

Una persona puede muy fácilmente ser jugador de hockey, lector de tarot, estudiante de ciencais políticas, budista, quebequense y terrícola.

Los seres humanos somos muchas cosas al mismo tiempo. Y las sociedades actuales se verán obligadas a cuestionarse todo esto para poder mantener la paz social y la armonía cívica.

Por lo pronto, las escuelas de Quebec están llenas de niños de todos los orígenes y de todos los colores. Todos hablan francés y muchos de ellos hablan otras lenguas también. Viven aquí, crecen aquí, aprenden esta historia… Son y se sienten de aquí por que conocen poco o nada de otros lugares y de otras culturas.

El tiempo dirá si ellos se sentirán quebequenses o simplemente humanos, pero por lo pronto, parece ser el momento ideal para imaginar lo que queremos que sea una sociedad moderna en la que la diversidad es cada vez más la normalidad. El espacio para la reflexión está abierto.